2 mars 2012

4. Une économie dynamique et innovante

CAP SUR L’ENTREUPRENARIAT ET LES SECTEURS ÉMERGENTS

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La transformation de l’économie montréalaise est bien amorcée : les secteurs de pointe, hautement spécialisés, tels que l’aéronautique, la pharmaceutique, les technologies de l’information et des communications se développent rapidement. Le secteur manufacturier, toujours important, se transforme. Les industries culturelles y sont aussi en plein essor. Les institutions universitaires, les centres de recherche s’y sont fait une place significative. Bref, au cours des dernières décennies, Montréal a su faire face aux défis qui confrontent les grandes métropoles occidentales et tracer sa propre voie pour bâtir une économie dynamique et prospère.

Montréal a tous les atouts pour se positionner comme un lieu d’innovation et de créativité, comme une grande métropole du 21e siècle reconnue pour sa qualité de vie. Pour maintenir et accroître ce positionnement, pour développer la région et maintenir une activité économique dynamique, dans un environnement international changeant, la CRÉ de Montréal a fait le choix, depuis plusieurs années déjà, d’une approche diversifiée, qui se déploie notamment à travers différents modèles d’entrepreneuriat, soutenant aussi bien l’entrepreneuriatindividuel que l’entrepreneuriat collectif. Le présent plan quinquennal vient renforcer ces choix.

Cap sur l’entrepreneuriat

Les entrepreneurs dynamisent le milieu par la création d’emplois, la valorisation des ressources et par le développement des talents et de la créativité, contribuant ainsi à la vitalité des économies locales et régionales. Un consensus s’est donc développé pour faire du développement de l’entrepreneuriat, qu’il soit individuel ou collectif, un axe majeur du développement. Il s’agit ici de stimuler la capacité d’entreprendre et d’innover qui doit animer tous les milieux afin que s’y installe un environnement favorable à la création de nouvelles entreprises et à la réussite des projets entrepreneuriaux. La consolidation des entreprises et leur pérennité apparaît aussi, pour plusieurs intervenants, un axe d’intervention important, plus particulièrement à travers la commercialisation et l’exportation de leurs produits et services.

Au chapitre du dynamisme entrepreneurial, Montréal a encore du travail à faire pour rattraper les niveaux des métropoles nord-américaines. Différentes études, dont celle de la Chaire d’entrepreneuriat Rogers–J.-A.-Bombardier, HEC Montréal, ont montré le retard de Montréal par rapport aux autres régions métropolitaines du Canada, notamment Toronto.

En 2006, la Ville de Montréal mandatait le groupe de travail Projet Entrepreneuriat Montréal (PEM) pour proposer une stratégie et un plan d’action afin de développer l’entrepreneuriat à Montréal. À la demande de la Ville, la CRÉ assure le secrétariat du PEM et la concertation des intervenants du milieu afin de coordonner la mise en oeuvre de la stratégie entrepreneuriale de Montréal. Les préoccupations du développement économique local sont au coeur des activités du PEM en raison de la participation des corporations de développement économique communautaire (CDEC) et des centres locaux de développement (CLD).

La mise en place d’un contexte favorable à l’entrepreneuriat est l’une des orientations majeures identifiées lors de la Rencontre économique, organisée par le gouvernement du Québec les 20 et 21 janvier 2010. De plus, la stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation 2010-2013, Mobiliser, Innover, Prospérer, mise sur « une population plus créative et entreprenante ». Reconnaissant le besoin de renforcer la culture de l’innovation et de l’entrepreneuriat, le document annonce le lancement, à l’automne 2010, d’une stratégie de l’entrepreneuriat qui viendra en appui à la stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation.

La relation étroite entre la prospérité économique d’une région et la création d’entreprises marque l’intérêt évident à se mobiliser pour promouvoir l’entrepreneuriat. Afin que plus de gens aient l’intention de se lancer en affaires et entament des démarches de création d’entreprises, la CRÉ de Montréal entend appuyer les initiatives qui créeront les conditions propices au développement de projets d’entreprises en particulier par les jeunes, les femmes et les personnes immigrantes. De même, la CRÉ entend encourager et soutenir ceux et celles qui passent à l’action, en particulier dans les secteurs porteurs d’innovation. Elle s’efforcera de créer des conditions propices au succès de ces entreprises en contribuant à lever les obstacles qu’ils et elles rencontrent.

Un entrepreneuriat collectif dynamique

Du fait qu’elle est fortement ancrée dans la communauté et qu’elle répond aux besoins de gens qui se mobilisent pour trouver des solutions, l’économie sociale se démarque par sa capacité d’innover et de contribuer à la richesse collective. À Montréal, l’activité économique de l’économie sociale représente un flux de plus de 2 milliards de dollars par année et crée ou maintient plus de 60 000 emplois, dans différents secteurs d’activité : alimentation, arts et culture, services à la personne et à la famille, habitation, nouvelles technologies et médias, services aux entreprises et aux institutions.

Composantes à part entière de notre structure économique, ces entreprises originales permettent de penser le développement de notre région autrement, que ce soit par la revitalisation de quartiers, la protection de l’environnement, l’accès à des logements à coût abordable. Portées par une finalité sociale, les entreprises d’économie sociale renforcent la cohésion sociale, favorisent une citoyenneté active et créent des emplois durables, qui ne risquent pas d’être délocalisés.

Depuis plus de treize ans, la CRÉ a assumé, à travers le Comité d’économie sociale de l’île de Montréal (CÉSÎM), les mandats de promotion de l’économie sociale, de concertationde ses acteurs et de soutien à la pérennité des entreprises d’économie sociale. Au fil des années, le CÉSÎM est devenu un lieu de concertation régionale reconnu, et souhaité, par les entreprises d’économie sociale et les réseaux de soutien, agissant également comme pôle régional auprès du Chantier de l’économie sociale.

Le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal reconnaissent aussi l’importance de l’économie sociale pour le développement de la région. En mars 2009, la Ville de Montréal a ouvert de nouvelles avenues de collaboration avec les entreprises collectives dans le cadre d’un « Partenariat en économie sociale pour un développement durable et solidaire de la Ville de Montréal ». De son côté, le gouvernement du Québec, reconnaissant l’importance de l’économie sociale pour les collectivités, adoptait en novembre 2008, un Plan d’action pour l’entrepreneuriat collectif intitulé « Économie sociale : pour des communautés plus solidaires ».

Pour la CRÉ, cette reconnaissance ouvre la voie au développement de nouveaux créneaux et secteurs où l’économie sociale est moins présente et stimule des partenariats novateurs. La CRÉ souhaite également intéresser de nouveaux acteurs à l’économie sociale, plus particulièrement parmi les jeunes et les personnes issues de l’immigration. Enfin, elle poursuivra ses efforts pour consolider les entreprises et favoriser la commercialisation des produits de l’économie sociale, notamment auprès des grands acheteurs que sont les institutions publiques et les entreprises. L’entente spécifique de régionalisation en économie sociale, dans laquelle la CRÉ et le MAMROT contribuent à parts égales, viendra appuyer le développement de ces orientations.

Appuyer les secteurs émergents

La culture de l’innovation conduit au développement de nouvelles manières de faire et à l’émergence de nouveaux secteurs d’activité. Il faut savoir identifier et appuyer les initiatives porteuses des créateurs et des promoteurs performants d’ici, ceux et celles qui, par la nouveauté de leurs approches, par leur savoir-faire et leurs réalisations, peuvent espérer accéder au succès et à une situation avantageuse sur les plans national et international.

Depuis quelques années, la CRÉ a contribué de façon significative à structurer des secteurs d’activité économique qui offraient un tel potentiel. C’est ce qui s’est produit avec la mise en place de NanoQuébec qui appuie l’innovation en nano-technologie et d’Écotech Québec, la grappe québécoise des technologies vertes. La CRÉ a aussi appuyé la création de Montréal Start Up, une société de gestion de capital de risque pour les entreprises naissantes du secteur du logiciel.

La CRÉ entend poursuivre ce type d’intervention en soutenant les secteurs émergents qui, en raison de leur potentiel d’innovation, offrent d’excellentes perspectives quant au développement des marchés et à la création d’emplois. C’est le cas des technologies propres et des technologies numériques ; les filières de la mode et du bioalimentaire sont également des forces reconnues de l’économie montréalaise avec, en 2010, respectivement 50 000 et 125 000 emplois.

En effet, l’industrie de la mode présente à nouveau, ces dernières années, les caractéristiques d’un secteur émergent. Après New York et Los Angeles, Montréal est le 3e pôle de l’industrie de la mode–habillement en Amérique du Nord. Ce secteur affiche un déclin récent de l’emploi principalement attribuable à l’abolition des quotas d’exportation et aux délocalisations. Il offre toutefois de nouvelles perspectives de croissance avec des modèles d’affaires et de production plus innovateurs. En réalisant l’intégration du secteur, foisonnant mais atomisé, du design de mode, c’est-à-dire en créant un « écosystème » où interagissent les différents acteurs – créateurs, sous-traitants, manufacturiers, main-d’oeuvre, etc. – il est possible de développer et de rentabiliser des produits de niche et consolider la place de Montréal comme un des hauts lieux de la conception et de la fabrication des produits de la mode en Amérique du Nord. La CRÉ y contribue déjà, par exemple en soutenant la mise en place de Montréal Couture, une plateforme industrielle intégrée qui travaille à développer de nouvelles assises, essentielles à l’essor du design de mode à Montréal.

Autre exemple, l’industrie bioalimentaire est le secteur s’étant le mieux comporté sur l’île de Montréal durant les dernières années, et ce, malgré la récession de 2008-2009. Cette industrie est promise à un bel avenir ne serait-ce qu’en raison de la demande interne du marché alimentaire québécois. Cependant, cette demande ne pourra être captée que par une capacité accrue des entreprises à s’investir dans les nouvelles niches de marché telles les aliments santé ou ethniques exigeant un plus grand effort en matière d’innovation, de R&D, de conformité aux normes sanitaires ainsi que de commercialisation. De plus, la mise en place prochaine de nouvelles mesures environnementales touchant les coûts de disposition des emballages alimentaires ainsi que le compostage des déchets organiques va créer les conditions favorables à l’émergence d’une industrie montréalaise des éco-emballages alimentaires.

Dans le contexte de compétitivité internationale actuelle, la CRÉ entend consacrer des efforts pour identifier d’autres secteurs qui présentent de telles perspectives de développement et leur donner l’appui nécessaire pour qu’ils puissent se structurer, se développer, parvenir à maturité et assurer le rayonnement de Montréal.

Axes d’intervention et principales orientations

4.1. Accroître l’entrepreneuriat individuel et collectif sur le territoire montréalais

  • maximiser les conditions de succès des entrepreneurs
  • favoriser la création et le développement d’entreprises innovantes
  • assurer une relève entrepreneuriale, en particulier auprès des jeunes, des femmes et des personnes issues de l’immigration
  • renforcer l’économie sociale comme modèle de développement économique

4.2. Soutenir les secteurs émergents de l’économie montréalaise

    • identifier et contribuer à structurer, développer, porter à maturité certains secteurs émergents de l’économie montréalaise
    • appuyer l’innovation dans les pme et entreprises d’économie sociale des secteurs émergents

 

Notre Comité Exécutif

Francesco Miele , Conseiller de la Ville, arrondissement Saint-Laurent, district Saint-Laurent / Côte-de-Liesse

Francesco Miele

Trésorier
Conseiller de la Ville, arrondissement Saint-Laurent, district Saint-Laurent / Côte-de-Liesse
Membre du conseil d’administration de la Société des transports de Montréal.
Membre du conseil d’administration de Montréal International.

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