2 mars 2012

3. La créativité et l’innovation : maintenir Montréal dans le peloton de tête

Montréal dispose d’atouts importants en matière de recherche et développement et en haute technologie. Selon des données publiées par Montréal International, la métropole occupe le 1er rang au Canada et le 9e en Amérique du Nord pour le nombre de centres de recherche. Elle occupe également le premier rang au Canada dans de nombreuses autres catégories : le nombre de chercheurs universitaires, les sommes dédiées à la recherche universitaire, le nombre de titulaires de brevets, le nombre de publications scientifiques par habitant et le nombre de publications scientifiques réalisées dans le cadre d’une collaboration entre chercheurs universitaires et secteur privé. L’excellence de ses centres de recherche est largement reconnue. Par ailleurs, Montréal se classerait au 5e rang en Amérique du Nord pour la concentration des emplois en haute technologie. En matière de créativité et d’innovation scientifique et technologique, Montréal se situe donc dans le peloton de tête des grandes métropoles d’Amérique du Nord.

Mais il n’y a pas qu’en recherche, science et technologie où Montréal est reconnue comme une grande métropole créative. Montréal, ville de design appartient au Réseau des quelque 25 villes créatives de l’UNESCO. La renommée de nos créateurs culturels est largement établie. Ubisoft a décidé de loger son centre de création à Montréal parce qu’elle y trouvait le personnel créatif qu’elle recherchait. De nombreuses entreprises québécoises ont fait leurs marques avec leur créativité. Le Cirque du Soleil, la Société des arts technologiques (SAT) et ses dispositifs de projection immersifs en sont de bons exemples. Elles produisent aujourd’hui d’importantes retombées qui profitent à l’ensemble de la communauté montréalaise. Autour de ces intervenants majeurs, un essaim de jeunes créateurs compose un underground vibrant qui, tantôt, fournit aux grands producteurs une part appréciable de leur matière première et qui, quelquefois, voit émerger certains des leurs qui tracent leur propre voie jusqu’au zénith.

Montréal est déjà une grande ville créative et, à l’instar des nombreuses autres grandes métropoles occidentales, l’économie créative doit devenir, pour Montréal, un axe majeur de sa stratégie de développement. En effet, selon le « Creative Economy – Report 2008 » de l’ONU, les industries créatives, principalement associées aux domaines de la culture et des communications, représentent une part de plus en plus importante du PNB mondial. Depuis 1990, la croissance de l’économie créative dans les pays de l’OCDE aurait été le double de celle de l‘industrie des services et le quadruple de celle de l’industrie manufacturière. C’est dire l’importance de la créativité dans la nouvelle économie.

La créativité et l’innovation : une nouvelle approche du développement

Cette nouvelle économie créative se développe selon un modèle qui nous incite à réinventer de nouvelles approches, à devenir tout autant créatif en matière de stratégie de développement. La diffusion de masse des technologies numériques et l’expansion des industries de l’information et de la communication ont en effet transformé les conditions du développement culturel, social et économique de nos sociétés. Avec la diffusion, en mode instantané, d’une quantité inouïe d’information, accessible à tout un chacun qui possède un ordinateur et un minimum de connaissances, nous assistons à la création d’un espace nouveau où les données circulent en libre accès et où les acteurs, qu’ils soient créateurs, travailleurs ou simples utilisateurs, peuvent définir plus librement des modes inédits de collaboration.

Comme le charbon et l’acier à l’ère industrielle, l’information devient une matière première qu’on transforme, par la force de l’imagination, en idées ou en valeurs symboliques. Autour d’acteurs variés, de champs professionnels, statuts et intérêts différents, s’élaborent des produits, des services adaptés aux besoins de larges communautés d’utilisateurs. Ce sont là deux des principaux fondements d’une nouvelle façon de vivre ensemble culturellement et socialement, d’une nouvelle économie que certains appellent « créative ». Ce sont aussi là des conditions qui, en introduisant de nouvelles façons de travailler ensemble, ouvrent la voie à l’innovation sociale. Autour d’un concept qui s’affine au fil du temps se profile une réalité incontournable : la créativité est devenue un des éléments moteurs de la croissance et partant, une des voies privilégiées de développement pour toutes les grandes métropoles du 21e siècle.

Montréal, la créativité en action

La culture est un véritable moteur du Montréal créatif et une signature de la métropole. Montréal est une ville de festivals : jazz, théâtre, cinéma, musiques et arts du monde, arts électroniques et maintenant cirque. La métropole est culture, la métropole est production, la métropole est création. Elle profite de la vitalité de la production québécoise et s’en fait le porte-étendard.

En novembre 2007 au terme d’un important exercice de concertation, la collectivité montréalaise s’est donné, avec le Plan d’action Montréal, métropole culturelle, l’ambitieux projet de faire de la culture un élément moteur du développement et de faire de Montréal une véritable métropole culturelle. Tout comme au cours du plan quinquennal précédent, la CRÉ entend contribuer, à sa manière et selon ses champs de compétence, à cet effort collectif.

En phase avec le projet d’Agenda 21C du gouvernement du Québec et avec le Plan d’action 2007-2017 Montréal, métropole culturelle, la CRÉ de Montréal entend contribuer à mettre en valeur le coeur créatif de Montréal en s’appuyant sur les artistes, sur les institutions et organismes culturels et sur la population montréalaise. Cette approche est à la fois un gage d’avenir pour ce secteur d’activités et un catalyseur de la qualité des relations citoyennes. À cet effet, la CRÉ entend demeurer à l’affût pour saisir les occasions qui permettront de célébrer la créativité montréalaise, d’établir des espaces de rencontre entre les créateurs et la population et de développer ainsi des projets rassembleurs qui s’inscriront dans la perspective du développement durable.

Dans cette perspective, la CRÉ poursuivra les efforts entrepris pour soutenir la relève et les pratiques émergentes et pour développer notre économie créative. Nos créateurs culturels sont à l’avant-garde en plusieurs domaines et notre économie créative présente un énorme potentiel de développement. Mais on n’est pas créatif à jamais : on ne le demeure qu’en l’étant, encore et toujours. Les formes artistiques, les modes d’expression sont en constant mouvement. L’art devient total, fusionnant les genres et les talents. Pour maintenir l’originalité de sa production culturelle, pour assurer le développement de ses industries créatives, Montréal a besoin de soutenir les pratiques émergentes et de développer sa relève. En créativité plus que partout ailleurs, la relève est au coeur de l’innovation, du renouvellement des pratiques et du dynamisme. Tout comme la relève d’hier fait nos succès actuels, c’est de nos jeunes créateurs d’aujourd’hui que nous viendront les succès de demain.

Montréal s’est acquis la réputation d’être une métropole créative. Son expertise en de nombreux domaines et l’excellence de ses institutions de formation sont largement reconnues. Cependant, malgré nos succès, rien n’est acquis. Montréal doit soutenir son secteur créatif pour lui assurer le plus grand rayonnement possible à l’étranger. Il faut que Montréal continue à occuper un espace de choix dans le circuit mondial de la créativité, que Montréal soit l’hôte d’événements internationaux majeurs en créativité et que les créateurs montréalais participent également aux principales manifestations internationales. C’est là un impératif : plus que jamais, la créativité se déploie dans l’espace monde.

La créativité montréalaise s’exprime également par la mise en place de plateformes collaboratives nouvelles. Des projets aussi variés que ceux de la TOHU – Cité des arts du cirque, de la Société des arts technologiques (SAT), du Quartier de l’innovation et autres quartiers de la vie, de la santé ou des spectacles, ont en commun d’être ancrés en un lieu, un quartier, et de regrouper des intervenants de divers horizons autour de projets thématiques mobilisateurs. Mariant l’approche citoyenne et les développements technologiques de pointe, on y retrouve en gestation une nouvelle approche du développement qui s’appuie sur les fondements de la nouvelle économie créative : la constitution de collectivités de connaissance appuyant leur développement sur la mutualisation des savoirs, leur élaboration en code source libre (open source) et la mise en réseaux ouverts de l’information et de la création.

Y sont parties prenantes non seulement les spécialistes associés à la vocation du quartier, mais également les experts des domaines connexes, les intervenants des milieux de l’éducation, de la culture, des sciences et technologies, de l’économie, du développement social et communautaire de même que les utilisateurs des services. La population est aussi invitée à y prendre une part active, à s’y engager pleinement, selon les principes de l’Agenda 21 de la culture. La CRÉ compte s’associer à quelques partenaires forts pour valoriser ces expériences en soutenant la mise en place de plateformes créatives. Elle entend également travailler à la mise en réseau d’une « toile » montréalaise de la création et de l’innovation. La quantité, la qualité et la diversité des expériences en cours laissent entrevoir la possibilité de créer et de façonner un réseau original « d’incubateurs de créativité et d’innovation » en lui donnant une saveur toute montréalaise.

Une vision partagée : la créativité, au coeur de notre stratégie de développement

Le développement de la créativité ou d’une économie créative est un enjeu central, reconnu par les principaux intervenants de la scène montréalaise. En octobre 2008, lors des 21es Entretiens Jacques-Cartier, le maire de Montréal et président de la Communauté métropolitaine de Montréal, monsieur Gérald Tremblay, avait intitulé son intervention « Les grappes et l’innovation : libérer le capital créatif ». Il nous y conviait, entre autres à « … imaginer une façon toute montréalaise de multiplier les canaux d’échanges entre créativité artistique et créativité scientifique, de manière à favoriser le transfert des attributs de l’une vers l’autre, au profit de toutes les sphères de l’univers urbain, économique, environnemental et social ».

Ce n’est pas, loin s’en faut, le seul appel à développer notre créativité. Lors de la rencontre économique organisée par le gouvernement du Québec, les 20 et 21 janvier 2010, les participants ont insisté sur l’importance d’instaurer une économie fondée sur la créativité et l’innovation. Le thème est présent dans le Plan d’action 2007-2017 Montréal, métropole culturelle et dans la Politique de développement culturel de la Ville de Montréal 2005-2015. Il est également identifié dans la stratégie de développement économique de la Ville de Montréal et dans le cadre stratégique 2010-2015 de Montréal International de même que dans celui de Tourisme Montréal. Finalement la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation 2010-2013, inscrit « Une population plus créative et entreprenante » parmi ses quatre grands axes d’intervention.

En accord avec les différents plans stratégiques de ses partenaires, la CRÉ participera au mouvement pour maintenir Montréal dans le peloton de tête des villes créatives. À cet effet, la CRÉ interviendra sur trois fronts : l’appui au développement de la culture et de l’économie créative ; le positionnement de Montréal comme métropole créative et, orientation majeure de ce Plan quinquennal 2010-2015, le développement et la consolidation d’un réseau montréalais de plateformes créatives.

Axes d’intervention et principales orientations

3.1. Appuyer le développement de la culture et de l’économie créative

  • soutenir les artistes de la relève et ceux issus de la diversité
  • soutenir les secteurs et les pratiques émergentes et notamment celles faisant appel à la transdisciplinarité et aux nouvelles technologies

3.2. Positionner montréal comme métropole créative

  • soutenir le rayonnement de montréal comme centre d’excellence mondial en créativité

3.3. développer et consolider un réseau montréalais de plateformes créatives

  • créer un modèle montréalais de plateformes créatives, en développer le réseau et assurer son rayonnement
Notre Comité Exécutif

Richard Deschamps, Vice-président de la CRÉ de Montréal

Richard Deschamps

1er Vice-président de la CRÉ de Montréal
Conseiller de la Ville, arrondissement de LaSalle, district Sault-Saint-Louis

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